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Barrez la Difference-leblog

Kevin, IMC breton, barre la différence et passe le BAFA

6 Février 2015, 10:46am

Publié par Association Barrez la Différence

Kevin, IMC breton, barre la différence et passe le BAFA

Très bel article du télégramme sur Kevin, un fan de Gilles et de l'association Barrez la Différence!


Bafa. Kévin fait la différence

Né avec une infirmité motrice cérébrale, il y a 18 ans, le Plouescatais Kévin Roué rêve de décrocher son Bafa. Le jeune homme a réussi la partie théorique, en août 2014. Il a commencé ses stages pratiques d'animateur au centre de loisirs Kernic-Ty , à Noël. De son histoire particulière naît un pari collectif.

Ce mardi matin, pour Kévin, c'est cuisine. Le jeune homme de 18 ans tourne et retourne son fauteuil roulant : d'abord en direction de l'atelier de fabrication de sucettes en chocolat, puis vers le four, où il est chargé de faire réchauffer le repas de midi. Ça n'a l'air de rien. Mais Kévin Roué est la toute première personne non-valide à intégrer les locaux du centre de loisirs Kernic-Ty, à Plouescat (29). A fortiori du côté des animateurs. Infirme moteur cérébral (IMC) depuis la naissance, Kévin relève, depuis août dernier, un sacré défi. « C'est parti d'une boutade de ma mère. Après, j'y ai cru. Je lui ai cassé les pieds pour passer mon Bafa. Ça a été chaud. Mon profil ne rentrait dans aucune case ! », raconte, ce matin des vacances de Noël, le stagiaire, qui compte sur ces heures d'encadrement de centre de loisirs pour valider, à terme, le fameux Brevet d'aptitude aux fonctions d'animateurs.

« Personne ne me croit ! »

La maman, Magali Roué, avoue, elle-même, sa surprise. « Je pensais que ça serait trop tôt pour Kévin, qu'il était un peu immature pour s'intégrer en milieu ouvert, qui plus est dans le monde du travail ! ». Depuis ses 13 ans, Kévin est scolarisé à l'Institut médico-éducatif de Dirinon (29). « Là-bas, personne ne me croit quand je dis que je passe mon Bafa ! », garantit aujourd'hui le jeune homme. Et pourtant : « J'aime bien m'occuper des enfants. Je rêve d'être animateur depuis que j'ai vu, tout petit, un spectacle de Gilles Le Druillennec (de l'association Barrez la différence, NDLR) ». Bien sûr, il y a le fauteuil, l'élocution parfois difficile, la motricité hésitante des membres supérieurs. « Kévin a été victime du syndrome transfuseur-transfusé à la naissance. Son cerveau a été trop oxygéné, les troubles multiples se sont manifestés dès les premiers apprentissages », raconte Magali Roué. Dyspraxie, puis dysphasie... se sont ajoutées à la perte de mobilité. Mais combative, la famille aux quatre garçons s'est serré les coudes. Comme ses frères, Kévin fait du sport (du basket fauteuil à Sibiril). Quand il se retrouve seul à la maison, « eh bien il se débrouille ! », insiste encore la Plouescataise.

Kernic-Ty précurseur

Présidente de l'association Mô d'enfant, qu'elle a créée en 2009, Magali Roué accompagne tout autant son fils aîné que l'action initiée, depuis trois ans, par la commune de Plouescat en faveur de l'intégration au handicap. Le centre de loisirs Kernic-Ty, où travaille Kévin, est à ce titre précurseur. Géré par l'association Epal, il fait partie des cinq structures finistériennes disposant d'un agrément spécifique. « On l'a décroché en septembre 2013. Seize enfants âgés de 4 à 15 ans fréquentent régulièrement le centre et 200 journées d'accueil ont été assurées depuis. Ils présentent des formes d'autisme, des troubles psychoaffectifs, de l'hyperactivité ou même du retard mental très sévère, expose la coordinatrice enfance jeunesse, Sabrina Le Lez. Mais nous n'avons pas encore accueilli d'enfant en fauteuil ».

« Il se passe quelque chose en plus »

Certains de ces jeunes ont suivi des activités, à Noël, avec Kévin Roué. « Kévin s'occupe de tout le monde, bien sûr, mais on remarque qu'avec les enfants eux-mêmes porteurs de handicap, il se passe quelque chose de plus. C'est la magie du vivre ensemble », note encore l'animatrice Julie Crenn. À l'UFCV de Rennes, on insiste sur l'accueil de ces stagiaires Bafa handicapés, majoritairement physiques. « Cela fait partie de nos valeurs. Nous nous assurons au préalable de l'accessibilité des locaux et de la bonne intégration dans les équipes », souligne l'un des responsables, Patrice Brianté. S'ils valident leur diplôme « dans les mêmes proportions que les valides », les Kévin Roué et autres animateurs non valides restent une exception. Toutes formations confondues, ils ne sont, en Bretagne, « pas plus de quatre ou cinq, sur 2.000 stagiaires, chaque année ». Kevin dispose, lui, encore de vingt-quatre mois pour décrocher le précieux sésame. La petite Kalanna, cinq ans, sur les genoux, affiche un large sourire. « Moi, j'y crois ! »
© Le Télégramme -

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Exumen 07/02/2015 20:26

Super article ! Bon courage pour Kevin !
Petite coquille néanmoins a signaler, le responsable UFCV s'appelle Patrice BriantAIS ^^